Au cours des trente dernières années, la fréquence et l'ampleur des catastrophes ont considérablement augmenté en raison de l'urbanisation et du changement climatique, entraînant ainsi d'importantes pertes en vies humaines, en biens et en ressources économiques. Pour répondre à ces événements catastrophiques, d'importantes ressources financières sont allouées, par des sources publiques et privées, à la reconstruction des logements après sinistre (RLAS). Les pertes de logements représentent plus de 90 % de l'ensemble des dommages ; elles sont considérées comme le poste de dépense le plus important de la reconstruction dans la quasi-totalité des cas de catastrophe. Un rapport du Global Shelter Cluster estime également que plus de 5 millions de logements ont été détruits ou endommagés par des catastrophes naturelles et des conflits entre 2005 et 2018. La RLAS est donc perçue comme essentielle à la gestion des catastrophes et comme une opportunité de « reconstruire en mieux ». Malgré plusieurs études et l'intérêt croissant porté à la RLAS pour favoriser le rétablissement des communautés et la prévention des catastrophes futures, il n'existe actuellement aucun indicateur quantifiable universellement accepté permettant d'évaluer efficacement la réussite des programmes et des approches de RLAS. De plus, face à une littérature croissante axée sur l'identification des meilleures pratiques en matière de relèvement post-catastrophe (RPC), ces pratiques peuvent être traduites en facteurs clés de succès (FCS) quantifiables. S'appuyant sur une analyse documentaire approfondie et une vaste expérience de terrain en matière de relèvement post-catastrophe, un cadre d'évaluation a été élaboré pour évaluer l'efficacité du RPC. Cette recherche vise à développer un cadre unifié permettant d'identifier, de catégoriser et d'évaluer tous les FCS déterminant le succès du RPC en fonction de leur efficacité. Le cadre développé organise les FCS les plus fréquemment identifiés en cinq catégories distinctes : (i) facteurs techniques (FT), (ii) facteurs sociaux (FS), (iii) facteurs environnementaux (FE), (iv) facteurs économiques (FE) et (v) facteurs liés à la planification et à la gestion de projet (FPGP). Une approche quantitative (à savoir, la méthode AHP – Analytical Hierarchy Process) est utilisée pour évaluer et quantifier le taux de réussite du RPC. Grâce à cette approche, le cadre d'évaluation fournit un moyen systématique d'évaluer et de mesurer l'efficacité de différents projets de RPC. Ce cadre d'évaluation exhaustif constituera un outil décisionnel précieux pour orienter la sélection et la conception des programmes de reconstruction et de réhabilitation du logement après une catastrophe (RDLC). En tant qu'outil d'évaluation, il permettra non seulement d'évaluer et de comparer différents projets de RDLC dans divers contextes de catastrophe, mais aussi de hiérarchiser les facteurs influençant la réussite de la reconstruction du logement après une catastrophe. De plus, ce cadre a le potentiel de sensibiliser les communautés sinistrées, les décideurs, les parties prenantes et les praticiens aux aspects essentiels à la réussite des programmes de RDLC et au renforcement de la résilience.