Le dimanche 10 septembre 2023, notre équipe d'experts en génie parasismique a été déployée à Marrakech suite au récent séisme au Maroc. Leur mission consiste à évaluer les dégâts structurels et l'impact global du tremblement de terre sur la région. À ce jour, nos experts ont recueilli les informations essentielles suivantes.
Dégâts importants dans le Haut Atlas et les zones reculées
La plupart des dégâts sont concentrés dans les zones rurales montagneuses, entre Marrakech et Taroudant, ce qui rend l'accès et les opérations de secours difficiles. Parmi les constructions touchées figurent diverses méthodes traditionnelles. Certaines de ces structures ont mal résisté, s'effondrant à des degrés divers, tandis que d'autres ont fait preuve d'une grande résilience et ont résisté au séisme. Le résultat dépend des techniques de construction spécifiques utilisées.
Les évaluations préliminaires indiquent qu'environ 15 % des structures ont subi des dommages importants, 45 % des dommages modérés et 40 % restent en relativement bon état en moyenne.
Caractéristiques architecturales traditionnelles
Dans l'évaluation des techniques de construction traditionnelles, deux grandes catégories sont apparues : les structures en maçonnerie de pierre non armée avec mortier de boue et les constructions en terre, qui englobent les méthodes de construction en terre crue et en adobe.

Structures en maçonnerie de pierre non armée avec mortier de boue
Dans cette catégorie, deux typologies distinctes ont été identifiées : les pierres rondes et les pierres plates. Les pierres rondes ont présenté une résistance sismique insuffisante, principalement en raison de l’absence d’imbrication, entraînant des dommages fréquents tels que l’effondrement des murs et des toitures. À l’inverse, les pierres plates ont démontré une meilleure résistance sismique, avec des taux d’effondrement plus faibles. Les dommages les plus fréquemment observés dans les constructions en pierres plates étaient l’effondrement des toitures et la fissuration des joints de mortier, deux problèmes réparables.
Constructions en terre
Cette catégorie englobe les techniques de construction en pisé et en adobe. Les structures en pisé se caractérisent par des couches compactées de terre locale. Les dommages les plus fréquents observés sur ces bâtiments sont l'effondrement de la toiture et la fissuration des joints de mortier, des problèmes qui se révèlent toutefois réparables. La construction en adobe, réalisée à partir de terre locale aux caractéristiques similaires à celles du pisé, présente un comportement sismique comparable.
Bâtiments en maçonnerie confinés
Cette technique de construction impliquait l'utilisation de blocs creux en béton ou en terre cuite. Les bâtiments en maçonnerie confinée ont démontré une résistance sismique satisfaisante, même si l'effondrement du toit restait un type de dommage fréquent.
Pour l'instant, la réponse des ONG internationales est minime. Cependant, quelques organisations nationales apportent leur aide et leur soutien. L'armée a entrepris des efforts pour dégager les routes et faciliter l'accès des équipes de secours et des approvisionnements.
Nous continuerons à suivre la situation de près et à vous informer dès que de nouvelles informations seront disponibles.




