Séisme au Venezuela en 2026 : Risques de maladie et crise hospitalière

Dernière mise à jour : 4 juillet 2026. Dix jours après les séismes qui ont frappé le nord du Venezuela le 24 juin 2026, la situation d'urgence évolue : des opérations de secours se transforme en une crise sanitaire majeure. Les agences de l'ONU et de la santé alertent sur la saturation des hôpitaux proches de l'épicentre et sur l' augmentation rapide. Vous trouverez ci-dessous les rapports de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'ONU, avec les chiffres attribués à leurs sources.

Existe-t-il un risque d'épidémie au Venezuela après le tremblement de terre ?

Oui. L’OPS met en garde contre « l’aggravation des risques pour la santé publique dans les jours et les semaines à venir ». La dégradation des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, le déplacement des populations vers des abris surpeuplés et le faible taux de vaccination au Venezuela contribuent à accroître le risque d’épidémies. (Source : OPS, 30 juin 2026)

Selon l'OPS, les maladies les plus préoccupantes sont les maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche ; la fièvre jaune ; et les maladies à transmission vectorielle, notamment la dengue, le chikungunya, le Zika, l'oropouche et le paludisme – dont plusieurs circulaient déjà dans le pays avant les séismes. Cet avertissement intervient dans un contexte d'épidémie de rougeole à travers les Amériques.

Les équipes sanitaires effectuent une surveillance épidémiologique dans les abris et les camps de transition, en se concentrant sur les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques aiguës, les affections cutanées et les cas de fièvre accompagnés d'éruptions cutanées, a indiqué l'OPS.

La situation à l'hôpital est-elle grave ?

Une évaluation de l'OPS a révélé que les huit établissements de santé examinés à La Guaira, Caracas et Miranda ont tous besoin d'une aide extérieure immédiate, et que trois d'entre eux présentent des dommages structurels. (Source : ONU Info/OPS, 2 juillet 2026)

  • À l'hôpital Vargas-IVSS de La Guaira, l'OPS a signalé qu'environ 96 patients étaient entassés dans un service prévu pour huit lits. La morgue était saturée, la banque de sang ne disposait que d'une trentaine d'unités et les deux respirateurs de l'unité de traumatologie étaient hors service faute de courant.
  • À l'hôpital Rafael Medina Jimenez, également situé à La Guaira, la capacité utilisable est passée de 108 lits à environ 35, avec des retards chirurgicaux croissants et des pénuries de fournitures.

Ian Clark, de l'OMS, qui dirige le Programme des urgences sanitaires, a souligné que le système de santé vénézuélien était déjà fragilisé avant la catastrophe, de nombreux hôpitaux étant confrontés à des pénuries de médicaments essentiels pouvant atteindre 37 % , conséquences d'années de sous-investissement. Plusieurs agents de santé sont toujours portés disparus, a-t-il précisé, notamment le responsable de la coordination des soins maternels à La Guaira.

Quel est le bilan actuel des décès ?

Les autorités vénézuéliennes ont fait état de 2 295 décès confirmés, 11 267 blessés et 12 841 personnes déplacées ou gravement touchées, selon le bilan établi par l’ONU le 2 juillet. Certains responsables ont avancé des chiffres plus élevés (la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a évoqué environ 2 595 décès). Des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues, et les autorités préviennent que ce bilan devrait s’alourdir à mesure que la reconstruction se poursuit. L’UNICEF estime qu’environ 680 000 enfants ont besoin d’aide. (Sources : ONU Info, ABC News, UNICEF, début juillet 2026.)

Que fait-on face à la crise sanitaire ?

L’OPS et l’OMS ont intensifié leur riposte :

  • Un hôpital de campagne de 48 lits, comprenant quatre postes de soins intensifs et deux salles d'opération, est désormais opérationnel à La Guaira, a indiqué l'OPS, et d'autres équipes médicales sont en route.
  • L'OPS a livré environ 2,18 tonnes de médicaments et de fournitures aux autorités sanitaires de La Guaira — notamment des trousses de traumatologie, des médicaments injectables et 320 sacs mortuaires — et quatre tonnes supplémentaires sont arrivées de sa réserve stratégique au Panama.
  • L’OMS a débloqué 1,5 million de dollars de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence, et l’OPS et l’OMS ont lancé un appel de fonds de près de 24 millions de dollars pour maintenir la réponse sanitaire pendant six mois.
  • L'analyse géospatiale de l'OPS a révélé que 91 hôpitaux se trouvent dans des zones exposées à de fortes secousses, dans des municipalités abritant environ 712 000 personnes.

Comment puis-je vous aider ?

Les organismes de santé insistent sur l’importance d’une utilisation responsable des dons et de chaînes d’approvisionnement sûres et traçables. Si vous souhaitez soutenir la riposte, privilégiez les dons en espèces aux organisations établies sur le terrain plutôt que l’envoi de biens non sollicités. Parmi les organisations reconnues, citons l’OPS/OMS, l’UNICEF, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Avant de faire un don, vérifiez toujours l’identité d’une organisation caritative directement sur son site web officiel.

Foire aux questions

Quelles sont les maladies qui inquiètent le plus les autorités ?

L’OPS a signalé des cas de rougeole, de diphtérie, de coqueluche, de fièvre jaune et de maladies à transmission vectorielle telles que la dengue, le chikungunya, le Zika, l’oropouche et le paludisme, alimentés par des systèmes d’eau et d’assainissement endommagés, des abris surpeuplés et une faible couverture vaccinale.

Pourquoi les hôpitaux rencontrent-ils autant de difficultés ?

De nombreuses structures ont été endommagées, surpeuplées et souffrent de pénuries d'électricité, de sang et de médicaments. L'OMS indique que le système était déjà fragile avant les séismes et que certains membres du personnel figurent parmi les personnes touchées ou portées disparues.

L’urgence s’étend-elle au-delà de La Guaira ?

Oui. Le bureau humanitaire de l'ONU indique qu'il coordonne l'aide dans huit États, dont Zulia, Tachira et Anzoategui, alors que des familles déplacées se déplacent en quête de sécurité.

Ces chiffres sont-ils définitifs ?

Non. Tous les chiffres relatifs aux victimes et aux dégâts sont provisoires et susceptibles d'évoluer au fur et à mesure des évaluations. Chaque chiffre ci-dessus est associé à la source et à la date indiquées.

Sources : Organisation panaméricaine de la santé (OPS), 30 juin 2026 ; ONU Info, 2 juillet 2026 ; ABC News et UNICEF, début juillet 2026. Les chiffres sont ceux rapportés par ces sources et sont à jour au 4 juillet 2026 ; ils sont provisoires et susceptibles d’être modifiés.

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