Journal du séisme en Italie centrale – Jour 1

JOUR 1

Après six heures de route depuis Milan, nous arrivons enfin dans la zone sinistrée par le séisme, où nous rencontrons Alessandro Vittorini, un ingénieur local d'Ascoli Piceno. Alessandro nous servira de guide pour nous aider à rejoindre les nombreux villages ruraux isolés, rasés par le tremblement de terre mais restés dans l'ombre des médias.

Le long de la route nationale « Salaria », en venant d'Ascoli, on aperçoit une longue file de véhicules de secours.

Nous retrouvons Alessandro à Trisungo, un petit village en bordure de route. Après de rapides salutations, nous empruntons d'étroites routes de montagne pour apercevoir la zone sinistrée ; à chaque intersection, des policiers et des militaires sont postés. Nous établissons l'itinéraire avec Alessandro, conscients que la plus grande difficulté sera d'accéder aux zones rouges déjà délimitées dans les villages les plus touchés.

La zone sinistrée est une magnifique région montagneuse parsemée de superbes villages anciens perchés sur les collines, avec les hauts sommets des Apennins en toile de fond. C'était la fin de l'été et de nombreux habitants des villes voisines y passaient leurs dernières vacances lorsque le séisme de magnitude 6,2 a frappé à 3 h 36.

C'est une région rurale où la plupart des bâtiments sont en maçonnerie non armée, principalement en pierre avec des sols en béton et mortier. Très souvent, les toitures en béton ont remplacé les charpentes en bois d'origine, mais ces dernières se sont avérées très peu résistantes. L'architecture ancienne et rurale confère à ces villages un charme particulier, mais les habitants hésitent à les quitter par amour de l'histoire et de leur lieu de vie. Cette résistance puise sa source dans ce qui fait la singularité de l'Italie rurale.

La sécurité n'étant pas négociable, le grand défi sera de rendre ces lieux plus sûrs de manière durable.

Nous nous rendrons d'abord à Illica, un hameau d'Accumoli, épicentre du séisme. Les visites sur place ne sont autorisées qu'en présence des pompiers, qui apprécient notre aide et nos échanges pour évaluer la situation.

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Ici, les histoires des habitants sont légion. On entend parler de quatre enfants sauvés en s'échappant du toit de leur maison et en se propageant depuis ceux des maisons voisines. On rencontre deux touristes allemands qui possédaient une résidence secondaire ici ; le père était venu d'Allemagne pour retrouver ses enfants qui, par chance, se trouvaient à Rome ce soir-là.

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Depuis Illica, nous nous rendons à Accumoli, un village de 700 habitants, épicentre du séisme. Perché sur une colline à 850 mètres d'altitude, au cœur d'une forêt dense, Accumoli est un endroit idéal pour se rafraîchir pendant les chaudes journées d'été.

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Nous nous rendons d'abord au poste de police, qui est gravement endommagé par le tremblement de terre.

Plusieurs bâtiments, qui auraient dû rester opérationnels après un séisme, étaient situés dans d'anciennes constructions en maçonnerie non armée, lesquelles se sont effondrées ou sont gravement endommagées et désormais inutilisables. Ce fut le cas pour plusieurs écoles, bâtiments publics et même un hôpital, disséminés dans toute la zone sinistrée.

Nous sommes surpris qu'un palais et une tour du XIIe siècle soient restés debout sans dommages apparents, mais c'est ainsi que les tremblements de terre semblent « filtrer » leurs victimes… Pendant que nous sommes ici, le pharmacien, accompagné de pompiers, récupère des médicaments dans la pharmacie effondrée du centre-ville, qui seront utilisés pour une personne dans le besoin.

Il est temps de s'arrêter, la nuit tombe tôt dans ces régions montagneuses.

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